LA LOGIQUE MOLÉCULAIRE DU VIVANT. DES MOLÉCULES AUX ORGANISMES

LA LOGIQUE MOLÉCULAIREى DU VIVANT. DES MOLÉCULES AUX ORGANISMES

 

 

Bien que chacun de nous soit intuitivement capable de faire la différence entre un être vivant (un animal ou une plante), et un objet minéral (un caillou ou de l’eau), de nombreuses difficultés surgissent lorsqu’il s’agit de définir avec précision ce qu’est un être vivant et ce que représente ce phé- nomène que l’on appelle la vie. À l’évidence, les organismes vivants manifestent des propriétés extraordinaires que ne possède pas la matière inanimée : l’animal se déplace, la graine germe, alors que la roche gît, massive et sans réaction. Il existe visiblement, entre les deux catégories d’objets, des différences qui semblent fondamentales et irréductibles. L’analyse chimique montre pourtant que l’on y trouve les mêmes atomes et que la matière vivant est constituée de molécules organiques inanimées obéissant aux lois physiques et chimiques qui régissent le comportement de toute matière dans l’univers. Les chimistes nous montrent cependant que la frontière entre le vivant et le non-vivant ne passe pas simplement entre le minéral et l’organique car, depuis plus de 150 ans, ils sont capables de fabriquer de toutes pièces des molécules d’une complexité équivalente à celle des molécules trouvées chez les êtres vivants. C’est au niveau de l’organisation macroscopique et microscopique de ces derniers que l’on trouve les premiers critères vraiment indiscutables d’une distinction fondamentale entre le monde vivant et les objets du milieu minéral : même les êtres vivants les plus simples sont extrêmement complexes si on les compare aux constructions cristallines les plus élaborées.
Un être n’est pas vivant du seul fait de la complexité et du nombre considérable de molécules différentes qui le constituent. Il n’est pas si facile, parfois, quel que soit le niveau d’organisation auquel on s’adresse, de distinguer la vie ralentie de l’absence de vie, la vie de la mort, et les êtres vivants illustrent par excellence le précepte selon lequel «le tout peut être bien plus que la somme des parties» ! Un organisme n’est vivant que si on peut lui attribuer un certain nombre de propriétés dynamiques rassemblées sous le terme de physiologie. Les caractéristiques fonctionnelles propres à la matière vivante sont les suivantes :
– accroissement et renouvellement permanent de sa substance, liés à une activité complexe de synthèse et de dégradation : le métabolisme;
– capacité de réaction et excitabilité, que l’on peut détecter à tous les niveaux, depuis la molécule jusqu’à l’organisme ;

– reproduction conforme et, même si cela semble contradictoire, possibilité pour le matériel géné- tique, qui est le support physique de cette propriété, de changement et d’évolution.

C’est l’ensemble de ces processus, réunis chez tous les êtres vivants, et associés aux critères de structure signalés plus haut, qui fonde le «phénomène vie». Celui-ci ne relève donc pas d’une force spé-ciale qui caractériserait la matière vivante, comme on le croyait encore à la fin du XIX vitaliste) ; et si l’on est tenté de considérer que les organismes vivants forment un monde à part, distinct du monde inanimé, il faut garder à l’esprit que tous les phénomènes qui se déroulent chez eux sont conformes aux lois générales de la physique et de la chimie. L’extrême complexité des molécules, des structures, des mécanismes mis en œuvre et des réseaux d’interactions existant chez
les êtres vivants reste cependant l’objet des multiples questions sans réponses auxquelles sont confrontés les biologistes.

 

 

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