Économie de l’eau

Économie de l’eau
Les Bryophytes sont très dépendantes de l’eau à cause notamment de l’absence de
véritables racines et du faible développement des tissus conducteurs. L’absorption de
l’eau se fait par les rhizoïdes mais aussi par capillarité sur toute la surface de la plante.
Elle est donc rapide mais peu durable.
L’apparente contradiction entre les exigences hydriques des mousses et leur présence
dans des stations extrêmement sèches (murs, toits, rochers exposés au soleil) est due
à plusieurs types d’adaptation biologique. Ainsi, elles ont la propriété de pouvoir entrer
en vie ralentie pendant les périodes de sécheresse et d’être ensuite reviviscentes.
Pendant la vie ralentie, la teneur en eau chute de 90 % à 5-10 %. Cet état d’anhydro-biose peut se maintenir longtemps : des mousses, en herbier, ont repris leur activité
après 60 ans… La disposition fréquente des colonies en coussinets (barbules des murs
et des pierres sèches, Leucobryumdes sous-bois) est un autre moyen d’empêcher une
déshydratation trop rapide. Avec les lichens, les mousses apparaissent en pionnières
sur des rochers dénudés et contribuent à y former une première couche d’humus

 

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3-51. Reviviscence.
Atrichum undulatum
Les feuilles cripées à l’état sec
sont déployées après retour à
l’état hydraté (×1).

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3-52. Coussins dans la strate muscinale. Leucobryum glaucum.
3-53. Coupe dans un coussin de Leucobryum glaucum.La disposition en boule favorise la rétention de l’eau au centre.
3-54. Cellules absorbantes. Funaire. Base d’une tige feuillée tf.Absence de racine mais nombreux rhizoïdes, rh.(×10)

Les sphaignes forment parmi les mousses un groupe particulier se développant dans des tourbières. À ce mode de
vie aquatique est liée la réduction des cellules assimilatrices constituant dans les feuilles un réseau très étroit enser-rant des cellules mortes béantes et gorgées d’eau, les hyalocytes. Les tourbières peuvent constituer de larges
étendues, notamment en montagne et dans les pays nordiques. Se développant en milieu acide où la putréfaction
est peu active, les accumulations des parties mortes de sphaignes constituent la tourbe.

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3-55 à 3-58. Sphaignes.
3-55. Sphaignes dans une tourbière.
3-56. Pied feuillé. Il porte ici deux sporogones sp(×1,5).
3-57. Rameau vu en microscopie électronique à balayage. On distingue de grandes cellules hyalines, ou hyalocytes, qui
communiquent avec l’extérieur par des pores et sont spécialisées pour la retenue de l’eau. Lorsqu’on presse une touffe de
sphaignes, on en exprime une grande quantité comme avec une éponge. (×270).
3-58. Détail. Les hyalocytes sont maintenus béantes par des épaississements annulaires, e, de leur paroi. (×2 700). po, pore.

 

 

Principaux types
a) Mousses et Sphaignes
La majorité des mousses appartient au groupe des Bryales. Elles ont un protonéma filamenteux, une tige feuillée
à symétrie radiale et une capsule typique. D’après la disposition du sporogone sur le gamétophyte, on distingue :
a) les mousses acrocarpes(akros= sommet, carpos= fruit) dont les sporogones sont terminaux (polytric, funaire,
Mnium, Leucobryum) ; b) les mousses pleurocarpes(pleuros= côté) dont les sporogones sont latéraux. Il s’agit de
mousses d’assez grande taille, à tiges ramifiées, appartenant au groupe des Hypnumdans lequel la plus commune
est la mousse des jardinières utilisée par les fleuristes.
Les sphaignes se distinguent des précédentes par leur biologie et leur structure particulières.
b) Hépatiques
Caractérisées par un protonéma souvent réduit et massif, un appareil végétatif et des capsules simples, elles
comprennent deux groupes : les hépatiques à feuilles (Diplophyllum, Fossombronia)et les hépatiques à thalledont
l’appareil végétatif est une lame aplatie (lunulaire, Marchantia) (cf planche 7, cahier couleur).

 

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3-59 à 3-62. Mousses et Sphaignes.
3-59 et 3-60. Mousse acrocarpe, Polytrichum.
3-61. Mousse pleurocarpe, Hypnum. Remarquer la situation latérale du sporogone. – 3-62. Sphaigne.

 

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3-63 à 3-65. Hépatiques.
3-63. Hépatique à thalle, Lunularia(elle développe souvent des corbeilles à propagules en croissant de lune, d’où son nom).
3-64. Hépatique à thalle, Marchantia. Le thalle porte des chapeaux où se développent les gamétanges. Ici chapeau femelle à
archégone. – 3-65. Hépatique à feuille, Diplophyllum.

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